Pourquoi le cerveau adore la routine ?
Habitudes : pourquoi elles rassurent le cerveau ?
Chaque jour, nous répétons une multitude de faits et gestes comme de se lever à la même heure, de faire couler un café, de prendre le même itinéraire pour aller travailler ou déposer les enfants à l’école… Ces habitudes rythment notre quotidien presque sans que nous ayons à y penser. Mais au-delà de la simple organisation, elles satisfont à deux besoins du cerveau : économiser son énergie et avoir un sentiment de sécurité. Pour garantir son confort, celui-ci transforme donc chaque fois que possible nos actions en automatismes. C’est la raison pour laquelle certains comportements sont si difficiles à changer. Toutefois, rien n’est impossible : je vous explique aujourd’hui à quels mécanismes obéit le cerveau et comment s’en servir pour transformer sa vie !
Le cerveau, un chef d’orchestre virtuose…et économe
Le cerveau est programmé pour allier efficacité et sécurité, le tout avec le souci de modérer sa consommation énergétique. Pourquoi ? Tout simplement parce que s’il ne représente que 2 % du poids du corps, il consomme près de 20 % de l’énergie totale dont nous disposons !
Le noble organe carbure aux nutriments, notamment issus des graisses et des sucres qu’il puise dans l’organisme à défaut d’avoir un stock qui lui est propre.
Pour se ménager, il cherche donc à optimiser ses ressources via une stratégie d’automatisation des actions : la routine lui évite d’avoir à faire un effort de réflexion à chaque geste. Ce mécanisme nous permet par exemple de conduire en discutant, de préparer du café ou à manger machinalement ou de nous brosser les dents de manière irréfléchie.
Ces activités implicites représentent plus de 80 % de nos comportements et l’économie mentale ainsi faite libère de l’espace et de la vigueur pour d’autres tâches plus complexes, ou simplement nouvelles.
Car en effet, chaque apprentissage implique de la concentration, de l’attention et parfois des efforts importants : rappelez-vous vos premières séances de conduite ou vos premiers jours de travail !
Mais là encore, force est de constater qu’à force de répétition, ces actes deviennent eux aussi, petit à petit, automatiques et exigent moins d’application.
Cette performance repose sur la capacité du cerveau à créer des circuits neuronaux via les noyaux gris centraux situés dans le cerveau reptilien.
Le but est bien évidemment une exécution des tâches sans réflexion consciente.
La routine, un repère et une sécurité
Les habitudes ont également un autre rôle : apporter un sentiment de sécurité.
Le cerveau déteste l’incertitude, l’imprévisibilité, qu’il associe à l’inconnu et lui demande de la vigilance. Souvent, cet état inconfortable active des zones liées au stress, voire à l’anxiété.
Avec la rassurante routine, cet environnement connu qu’il identifie sans danger immédiat, le cerveau mobilise moins de ressources.
Le train-train est particulièrement apprécié dans des situations telles que :
- les rituels du coucher (surtout chez les enfants !),
- les gestes matinaux,
- au travail…
Ces repères agissent comme une jauge de stabilité et de contrôle sur notre vie. Et à l’heure où tout va trop vite, ils sont comme des points d’ancrage tranquillisants.
Cependant, ce processus a une limite et non des moindres : c’est le principal frein au changement !
Pourquoi changer ses habitudes est difficile ?
Modifier un comportement, quel qu’il soit, suppose d’entrer dans l’inconnu, cet espace que le cerveau n’aime pas. Néanmoins, avec du temps, de la persévérance et une dose de motivation, il est toujours possible d’instaurer de nouvelles habitudes. Quitte à se faire accompagner si le besoin s’en fait ressentir, car de nombreuses pratiques peuvent vous faciliter la tâche.
- réagir par le stress, la colère ou bien encore la peur face à un stimulus donné,
- procrastiner, remettre systématiquement les choses au lendemain,
- les compulsions, les addictions, comme le tabac ou l'alcool,
- les troubles du comportement alimentaire (TAC),
- les blocages émotionnels…
Modifier un comportement, quel qu’il soit, suppose d’entrer dans l’inconnu, cet espace que le cerveau n’aime pas. Néanmoins, avec du temps, de la persévérance et une dose de motivation, il est toujours possible d’instaurer de nouvelles habitudes. Quitte à se faire accompagner si le besoin s’en fait ressentir, car de nombreuses pratiques peuvent vous faciliter la tâche.
L’art de transformer sa routine pour aller mieux !
Logé dans la boîte crânienne, le garant de notre survie n’est pourtant pas un empêcheur de tourner en rond. Il possède une grande capacité d’adaptation, ce que l’on appelle la plasticité cérébrale. Il peut apprendre, évoluer et créer de nouveaux chemins neuronaux tout au long de la vie.
Pour plus de malléabilité, il peut être utile de lui faire remplacer une habitude par une autre plutôt que de supprimer purement et simplement celle qui vous gêne : troquer son écran pour un bon livre avant de dormir ou opter pour un rituel de détente à la pause plutôt que de filer dans le coin fumeur.
Les petits changements sont souvent plus efficaces que la transformation radicale, car chaque nouvelle action est intégrée progressivement.
Néanmoins, s’il est question de transformations profondes, de celles qui touchent aux réactions émotionnelles, aux blocages ou aux blessures de la vie, il est préférable d’opter pour un soutien thérapeutique.
Quand la thérapie tutoie le cerveau
L’éducation, le vécu, les expériences du passé, douloureuses ou non, façonnent des mécanismes inconscients ou des schémas de pensée répétitifs.
Quitter ces habitudes-là suppose une reprogrammation interne. Mais attention, il n’est pas question de vous métamorphoser en quelqu’un d’autre, mais de vous libérer de ce dont vous n’avez plus besoin, ou de faire émerger des ressources personnelles utiles pour vous.
Différents outils thérapeutiques peuvent vous aider en douceur puisqu’ils s’appuient sur les capacités du cerveau à créer de nouveaux modèles.
Parmi elles, l’hypnose, la programmation neurolinguistique (PNL) et l’EMDR.
L’hypnose
La transe hypnotique est un état de conscience modifié naturel que nous traversons tous chaque jour. Elle permet de dialoguer directement avec l’inconscient, siège des habitudes et des réactions. L’hypnose permet de modifier un comportement ou de mobiliser votre force intérieure afin d’instaurer de nouvelles manières d’être.
La PNL
Cette pratique permet de modifier des schémas de représentation mentale en lien avec les pensées, les émotions et les comportements. Elle permet de développer de nouvelles réponses face à des stimuli précis, comme si vous changiez de lunettes pour regarder le monde d’un œil neuf.
L’EMDR
La thérapie par le mouvement des yeux est indissociable d’événements difficiles comme les psychotraumatismes, mais elle permet au sens large de désensibiliser les expériences qui induisent des réponses automatiques dysfonctionnelles. Elle est utile pour réduire l’impact émotionnel et retrouver des comportements libres de conditionnements.
Ces approches sont utiles lorsqu’il est question de modifier un comportement, mais la routine en elle-même peut être l’alliée de votre bien-être.
La routine, fondation de l’équilibre intérieur
Synonyme de métro-boulot-dodo, le quotidien ne rime pas pour autant avec monotonie ! Il peut très facilement devenir votre atout bien-être.
En effet, certaines habitudes ont un impact plus que positif sur la sérénité. Il suffit pour s’en convaincre de regarder tous ceux qui s’adonnent régulièrement à leur passion, font du sport, pratiquent le yoga ou la méditation pour ne citer que cela.
Alors, pour trouver un apaisement durable, pourquoi ne pas :
- démarrer la journée avec un cérémonial de calme
- pratiquer la respiration et la visualisation
- se détendre avec des exercices corporels doux
- vaporiser des brumes aromatiques pour faire du coucher un moment agréable
- tenir un cahier de gratitude où chaque fait positif est consigné et peut être relu quand le doute ou la mélancolie pointent le bout de leur nez…
Tous ces gestes deviennent jour après jour les clés de voûte de l’équilibre mental et émotionnel, les gardiens de l’équilibre intérieur.
Économie d’énergie, simplification des tâches, sécurité, il est indéniable que la routine a du bon. Toutefois, elle présente le risque de nous enfermer dans des schémas qui ne nous conviennent pas, ou plus. Pourquoi ne pas s’appuyer sur ce que le cerveau sait faire de mieux, à savoir s'adapter, pour être en harmonie avec soi et son besoin de bien-être ?



