Du mode survie à l’apaisement, comment gérer l’incertitude ?
Sur fond de fatigue hivernale, le début d’année, synonyme de bonnes résolutions, est tout aussi sûrement pourvoyeur d’angoisses. À l’heure des projections vers l’avenir chacun subit le poids de ses préoccupations dans un contexte sociétal et géopolitique anxiogène et instable. Ce cocktail explosif génère un sentiment diffus d’insécurité qui entre en résonance avec les expériences de vie, les déceptions, les doutes… Et voilà le terreau de l’anxiété bien installé ! En effet, quoi de plus incertain que l’avenir, que l’inconnu ? Cependant, ce mal-être n’est pas le problème en soi, mais plutôt le révélateur d’un mécanisme de protection mis en place par l’inconscient. Je vous propose de découvrir ce que signifie ce message interne et comment développer ou retrouver la sécurité intérieure.
Quand l’insécurité bouscule le psychisme
Notre cerveau est un merveilleux chef d’orchestre, fan de la routine, car elle est somme toute très rassurante. Il est par ailleurs programmé pour assurer notre survie en toutes circonstances. Tout ce qui n’est pas reconnu de lui comme étant une situation sécure réveille cet instinct. Comme c’est le cas face à un réel danger, il active devant à l’inconnu des mécanismes de défense et des stratégies inconscientes de protection qui, si elles semblent efficaces à court terme, deviennent sources de dysfonctionnement lorsqu’elles s’inscrivent dans la durée.
L’imprévisibilité de la vie réveille les blessures psychologiques. La personne est submergée par ses ressentis, ses craintes d’aujourd’hui sont généralement les échos de blessures émotionnelles ou de peurs anciennes. Elles activent un état de stress chronique et déclenchent divers modes d’adaptation dits rigides et d’autres dits dévastateurs.
Les stratégies d’adaptation rigides
Celles-ci s’appuient sur le contrôle, voire l’hypercontrôle : besoin de maîtriser les choses, intransigeance, comportements maniaques, organisation millimétrée, à laquelle on ne déroge pas…
Ces agissements donnent l’illusion d’un pouvoir sur les événements, mais elles sont alimentées par une peur profonde de pouvoir tout perdre.
Ce processus défensif vise à neutraliser cette inquiétude, mais le cercle vicieux de l’inflexibilité dans lequel il plonge la personne renforce au contraire le sentiment d’insécurité.
Les stratégies d’adaptation dévastatrices
Baptisées ainsi car elles affectent aussi bien l’estime que la santé, elle regroupent tous les conduites d’évitement émotionnel, d’addictions, de compulsions (nourriture, tabac, alcool, travail, achats, sexe…), les tendances à l’auto-sabotage… Elles favorisent même l’engrenage des relations toxiques.
Ces tentatives de régulation émotionnelle masquent une douleur ou un déséquilibre intérieur, fruits de souvenirs anciens :
● parts de soi figées dans le passé (peur de l’abandon, du rejet, de la perte…),
● émotions désagréables non digérées comme la colère, la peur, la tristesse, la culpabilité ou la honte.
La solution pour contrer ces schémas limitants répétitifs repose avant tout dans le retour à l’équilibre.
Restaurer la sécurité intérieure
Les incertitudes et le mouvement font partie intégrante de la vie. C’est ce que la pensée bouddhiste appelle l’impermanence, le postulat que rien n’est immuable. Tout bouge en permanence dans notre environnement et expose chacun d’entre nous à des changements inéluctables, qu’ils soient personnels, professionnels, sociétaux…
Cependant, s’il est normal de ressentir des pincements au cœur dans certaines situations, nous avons tous des ressources intérieures pour y faire face.
Chercher sa propre sécurité répond à un besoin fondamental de l’être humain. La sécurité intérieure est un sentiment profond de pouvoir exister, ressentir et traverser les événements de la vie sans se sentir en danger. Cela ne veut pas dire qu’on ne rencontre pas de difficultés, mais simplement qu’on se reconnaît la capacité d’y faire front.
Elle se construit progressivement avec la question suivante : “Que me faut-il pour me sentir en sécurité ?”.
Cette question est essentielle lorsqu’un stimulus vient titiller une crainte. Mais encore faut-il avoir la faculté d’identifier quelle émotion est présente à ce moment-là, chacune d’entre elles étant la messagère d’un besoin.
Les 5 clés de la sérénité
La première est de se pencher sur la gestion des émotions. Celles-ci doivent être utilisées comme des guides, savoir identifier et nommer celle qui se présente permet d’identifier le besoin exprimé. L’accueil de ce qui est présent en soi permet de diminuer l’intensité interne. Reste ensuite à pouvoir verbaliser son besoin dans la communication non violente.
Maîtriser cette compétence permet d’avancer en confiance et dans le respect de soi lorsqu’une incertitude se manifeste.
Clé numéro 2 : prendre le temps d’observer quels sont ses déclencheurs d’angoisse ou de contrôle et s’interroger ensuite sur la ressource à activer pour rester calme. Se demander ce que l’on redoute apporte un éclaircissement sur ce qui se joue en nous.
La troisième clé est d’instaurer des habitudes, des rituels rassurants, des gestes simples et réguliers qui nourrissent la paix intérieure. Prendre soin de soi, respecter son rythme et ses limites renforce le sentiment de stabilité.
Les deux autres clés vont bien souvent de pair !
Il s’agit de digérer ce qui ne l’a pas été. Les blessures de l’enfance, les chocs émotionnels et les traumatismes ont un impact sur notre relation à soi, aux autres et notre façon d’appréhender la vie. S’alléger du poids de ces fractures de l’âme est indispensable pour changer de regard et retrouver un mode de fonctionnement apaisé.
Et enfin, la cinquième et dernière clé consiste à faire appel à un professionnel. L’accompagnement thérapeutique facilite ce parcours de reconnaissance, d’exploration et de compréhension de soi.
Un passé traumatique ne peut être effacé, mais il peut être désensibilisé à l’aide de différentes techniques, comme l’EMDR, l’hypnose ou la PNL.
Le mieux-être et la sérénité sont au bout du chemin, mais le processus d’intégration est progressif. Ce travail personnel passe aussi bien souvent par les cases estime, confiance et affirmation de soi. Ces piliers de l’équilibre sont souvent malmenés et une jauge trop basse de l’une ou l’autre de ces valeurs suscite des émotions qui peuvent être fortes, mais jamais négatives.
La sécurité intérieure dont l’absence fait cruellement défaut est en réalité un apprentissage simple. Il s’agit de construire ou de reconstruire une relation à soi saine et bienveillante : ne pas douter de soi, se reconnaître des aptitudes et s’offrir un regard plus doux est possible ! Tout ce que vous souhaitez est au-delà de vos peurs, apprenez à les apprivoiser ! N’est-ce pas la meilleure des résolutions pour une bonne année ?