Parents : évitez le piège de la perfection pour rester zen !
Chic, nous ne sommes pas des parents parfaits !
Devenir papa ou maman, c’est un peu comme commencer un nouveau job sans formation ni accompagnement : lorsque bébé arrive, il n’y a pas de mode d’emploi ! Les jeunes parents, soucieux de bien faire, quêtent auprès de leurs proches ou dans les nombreux réservoirs “à bonnes idées” que sont les livres, les forums, les réseaux sociaux, de précieux conseils pour élever leur enfant. Or, si elles sont toujours bienveillantes, ces recommandations peuvent vite se muer en pression, en injonctions pour la nouvelle famille. Et quand elle découvre (à ses dépens !) que la réalité est loin de la fiction, le fantasme du parent parfait se transforme en charge mentale et émotionnelle. Épuisement, culpabilité, sentiment de ne pouvoir y arriver, le burn-out parental est aujourd’hui un motif de consultation fréquent. Découvrez les limites de la parentalité positive et les clés pour rester vous, le seul parent dont votre enfant a besoin pour grandir en confiance.
L’éducation, style parental ou approche sociétale ?
Être parent dépasse la simple tâche nourricière. Cette fonction implique de s’occuper, d’éduquer et de mettre tout en œuvre pour garantir à l’enfant un bon développement.
Depuis quelques années, une notion occupe tous les espaces où les jeunes parents se retrouvent : la parentalité positive. Cette approche de l’éducation propose d’offrir au bambin un cadre bienveillant, respectueux de lui, de ses besoins et une sécurité affective.
Dans les grandes lignes, cette forme éducative repose sur :
● l’écoute active,
● la communication non violente,
● une discipline positive et coopérative.
Elle fait aussi la part belle aux émotions des enfants et à la conscience qu’ils ont d’eux-mêmes, quel que soit leur âge.
Le petit évolue librement dans un climat de confiance, il s’exprime et laisse libre cours à ses émotions sans crainte d’être lui.
Gage d’épanouissement et de développement, cette éducation apporte de nombreux bienfaits, notamment sur l’estime et la confiance en soi.
Mais le revers de la médaille est pour les parents, car elle s’accompagne d’une montagne de commandements : ne pas crier, être compréhensif, gérer chaque émotion dans le calme, la douceur et l’indulgence...
Ce qui peut vite être un réel défi face à la fatigue et à la charge du quotidien, devoirs professionnels inclus. Car concrètement après 3 nuits blanches la couche de patience est bien entamée.
Parents : le danger de la pression
Le résultat est que certains parents craquent, car il est impossible de ne jamais s’agacer, râler, perdre patience ou se tromper.
Cette injonction de la perfection est un idéal qui pousse un large pourcentage d’entre eux à vouloir faire trop bien et à subir de facto une charge mentale énorme.
Ils finissent exténués, en burn-out parental, avec un sentiment d’échec et des tonnes de culpabilité.
Sans oublier que les exigences de notre société s’ajoutent à celle de la figure maternelle ou paternelle, car le parent est également un conjoint, un professionnel, un ami, un fils ou une fille…
Le cycle de l’épuisement parental s’imbrique dans ce quotidien et les répercussions sont à la mesure de la détresse ressentie.
De cet état découle une indisponibilité émotionnelle et une perte de plaisir dans la relation à l’enfant et c’est justement ce dont ce dernier n'a pas besoin pour grandir.
Il a besoin d’un parent humain, bienveillant et présent à ses côtés.
En cabinet, outre la fatigue, les parents verbalisent leurs doutes, leur perte de confiance en eux et la chute libre de leur estime personnelle.
C’est sur ce terreau que naît un “ennemi” du duo parent/enfant : la surcompensation qui se traduit notamment par un excès de protection et un statut, celui d’enfant roi.
Quand l’amour empêche de grandir
Tous les parents veulent éviter à leur enfant de souffrir. Pour lui, ils veulent le meilleur et le plus beau. Dès lors, ils sont tentés :
● de le surprotéger,
● de supprimer toutes les frustrations,
● d’anticiper tous ses besoins et toutes ses envies,
● de résoudre les problèmes à sa place.
Pourtant, ces actes d’amour pur ne sont pas aidants. Les enfants rois ou ceux élevés dans du coton rencontrent des difficultés à gérer leurs émotions : ils croient que tout leur est dû et développent une faible tolérance à l’échec.
Et quand la vie leur dit non, c’est un choc !
Les petites blessures et contrariétés du quotidien sont de formidables opportunités pour le petit. Elles lui permettent de découvrir ses capacités, de construire sa confiance en lui et de développer des ressources telles que la persévérance ou la résilience.
Je cite souvent cette phrase en exemple : “c’est en tombant que l’enfant apprend à marcher”. Il construit son équilibre et fait ses premiers pas grâce aux multiples chutes qu’il a connues et ça, vous ne pouvez pas le faire à sa place.
Sa confiance et son estime, présente et future, se construisent sur son vécu : essayer, rater, recommencer et enfin réussir.
Tant que les parents sont présents et qu’il évolue dans un milieu soutenant et rassurant, l’enfant vit ses expériences comme des apprentissages, pas comme des traumatismes.
Le rôle du parent est de sécuriser, pas de contrôler. Il ne faut pas l’empêcher de vivre des difficultés, mais il faut être auprès de lui quand il les traverse.
Surprotéger est différent d’accompagner. Votre mission est d’être là pour le soutenir dans sa quête d’autonomie.
Pour bien vivre ces moments, la compétence parentale numéro 1 est de savoir gérer ses émotions.
Les clés pour être de bons parents
Il n’y a pas une vérité absolue, mais des principes à intégrer.
Le premier est que personne n’est parfait, pas même les stars de la parentalité positive sur les réseaux !
Tout le monde vit des émotions désagréables : colère, impatience, lassitude, démotivation, culpabilité ou honte… Une émotion n’est jamais un problème en soi, mais un message. Que veut-elle vous dire ? Qu’allez-vous faire de cette information ?
Savoir l’identifier et l’accueillir permet de prendre du recul et de contrôler une réaction qui pourrait être excessive.
La gestion des émotions s’apprend et cette compétence est non seulement utile avec votre progéniture, mais elle est recherchée dans le milieu professionnel !
Par ailleurs, savoir les gérer pacifie toutes les relations : les enfants n’épongent plus votre mal-être.
La deuxième chose à savoir, c’est qu’en cas de débordement, vous avez le pouvoir de réparer. Expliquer à son enfant qu’on est désolé, que la fatigue a pris le pas sur la patience ou qu’on s’est emporté mais qu’on l’aime, est essentiel. Ce n’est pas l’erreur qui le blesse, c’est l’absence de réparation.
Ce genre de situation lui démontre qu’on est juste humain. Et c’est un enseignement qui n’a pas de prix.
La parentalité n’est pas une question d’excellence, mais de justesse et d’amour. Tout est une question d’équilibre : un bon parent c’est celui qui fait évoluer son enfant dans un environnement sain, avec des limites claires et une communication assertive.
C’est aussi celui qui s’aime assez pour prendre soin de lui.
Si vous vous posez mille questions sur votre capacité à être une bonne maman ou un bon papa, c’est déjà un bon signe ! Cela signifie que vous êtes impliqué et soucieux du bien-être de votre petit. Vous avez peut-être juste besoin d’apprendre à relativiser, à lâcher-prise et à prendre du recul pour agir selon vos codes, vos valeurs et votre conception de l’éducation. Il n’y a pas de meilleur parent que celui qui fait de son mieux. Et si vous avez des blocages ou un besoin de réveiller votre unicité, l’aide d’un thérapeute est un cadeau précieux.

