Les signes pour reconnaître un psychotraumatisme

Comment reconnaître un psychotraumatisme ?

Vous avez vécu un événement choquant il y a plusieurs semaines, plusieurs mois, voire même plusieurs années. Pourtant, bien qu’il appartienne au passé, quelque chose semble avoir changé : vous êtes davantage sur vos gardes, certains souvenirs vous obsèdent ou reviennent sans prévenir, vous évitez des situations qui vous rappellent les faits… Vous avez l’impression de ne plus être tout à fait la même personne. Parfois, ces réactions peuvent être difficiles à comprendre, mais il faut savoir qu’après un événement traumatisant, le cerveau et le corps peuvent continuer à fonctionner comme si le danger était encore présent. Dès lors, il est important de savoir reconnaître les signes d’un traumatisme psychologique afin de pouvoir demander de l’aide et s’apaiser.

Qu’est-ce qu’un psychotraumatisme ?

Ce terme désigne les conséquences psychiques d'un événement bouleversant sur une personne.

Il peut survenir après une enfance difficile, une agression, des violences verbales, physiques, conjugales ou sexuelles, un deuil, un accident, une catastrophe naturelle... Tout type d’événement, répété ou unique, pendant lequel la personne s’est sentie en danger.

Toutefois, il est important de préciser qu'un choc émotionnel ne provoque pas systématiquement un psychotraumatisme : deux personnes confrontées à une même situation peuvent réagir très différemment.

Chez certaines, les réactions vont être temporaires et s'atténuer progressivement, tandis que pour d'autres les symptômes sont suffisamment importants et persistants pour perturber la vie quotidienne.

Ces troubles peuvent relever du stress post-traumatique (TSPT), une situation clinique particulière qui nécessite une évaluation et une prise en charge par un professionnel pour stopper les répercussions et retrouver un équilibre de vie.

Mais attention, psychotraumatisme et TSPT ne vont pas forcément de pair.

Quels sont les principaux signes d’un psychotraumatisme ?

Les symptômes peuvent être nombreux. Ils ne se limitent pas au souvenir douloureux, mais peuvent toucher les émotions, le corps, le comportement et les relations avec les autres.

Quand le passé reste présent

Il arrive que la personne revive à tout moment l'événement dans son intégralité ou par bribes. Ce passé surgit même quand elle ne le souhaite pas : ce sont des reviviscences.

Celles-ci prennent différentes formes :

●      souvenirs intrusifs,

●      images qui apparaissent soudainement,

●      cauchemars…

Elle ressent alors des sensations corporelles, des émotions intenses, activées par un élément qui rappelle ce qui s'est passé, comme un bruit, une odeur, un son, un lieu, une date… Tout ce qui peut provoquer un rappel.

Ces réactions, qui peuvent être vécues avec la même intensité que le jour du choc, sont déstabilisantes et profondément impactantes, car elles donnent parfois l'impression que le passé reste incrusté dans le présent.

La stratégie de l’évitement

Éviter tout ce qui rappelle le traumatisme est une manifestation fréquente.

Pour ne plus ressentir de choses douloureuses associées à l'événement, la personne esquive, consciemment ou non :

●      des lieux,

●      des personnes,

●      des situations,

●      des sujets de conversation,

●      des activités qu'elle pratiquait auparavant.

Cet évitement peut donner l'impression d’adoucir la souffrance, mais cela ne vaut qu’à court terme, car cela impacte véritablement  les choix de vie et maintient un sentiment de menace face à certaines situations.

 

L’état d’alerte permanent

Après un traumatisme, le système nerveux peut rester particulièrement actif.

La personne peut alors avoir l'impression de devoir constamment surveiller ce qui l'entoure. Cela se traduit par :

●      une hypervigilance,

●      une irritabilité,

●      des difficultés de concentration,

●      des troubles du sommeil,

●      une sensation de tension permanente,

●      des difficultés à se détendre ou à se sentir en sécurité.

Le corps sursaute facilement et semble se préparer en permanence à devoir affronter un danger alors même que celui-ci n'est plus présent.

 

Le détachement

La personne traumatisée peut décrire une impression de ne plus être elle-même, de ne plus avoir d’émotion. Elle a le sentiment d'être dans un brouillard, de fonctionner de manière automatique et de ne plus ressentir les choses comme avant.

Elle peut également manifester une perte d'intérêt pour certaines activités, une difficulté à éprouver du plaisir ou une tendance à l’isolement.

 

Cependant, ces manifestations ne suffisent pas à elles seules pour conclure à l'existence d'un psychotraumatisme. Il est nécessaire d’en explorer les causes pour formaliser cette hypothèse.

L’amnésie traumatique, le souvenir partiel ou total

Le traitement de l’événement traumatique par le cerveau prend parfois une forme particulière. Certains souvenirs sont très précis alors que d'autres semblent flous ou parcellaires : ils prennent la forme d'une image, d'une odeur, d'un son, d'une sensation corporelle…

Le mécanisme de l’amnésie traumatique dissociative protège la victime, mais le choc émotionnel n’est pas intégré par la mémoire.

En cas de danger, de peur ou de stress extrême, l’amygdale cérébrale, une partie du cerveau impliquée dans les processus de survie, déclenche un état de sidération. En quelque sorte, elle fait disjoncter le cerveau pour éviter une réponse émotionnelle majeure susceptible d’entraîner des dommages physiques sous l’afflux d’une production massive de cortisol et d’adrénaline.

Le système nerveux inhibe le choc qui reste non conscientisé, non traité. Cette anesthésie émotionnelle bloque le souvenir, voire des pans entiers de la vie, et engendre une perte de repères dommageable pour la santé mentale et physique.

 

C’est parfois après des années de silence que le souvenir se réveille. Une odeur, un lieu, une voix, une scène de film ou même un moment de vie comme la naissance d’un enfant, peuvent réactiver la mémoire et engendrer la reviviscence.

La personne en souffrance peut aussi ressentir un mal-être diffus, faire des cauchemars à répétition ou vivre des flashbacks qu’elle ne s’explique pas…

Tant que la scène n’est pas digérée émotionnellement, elle reste latente et aussi intense que le jour J.

 

Toutefois, il est important de rester prudent face à l'idée de souvenirs enfouis. Toute difficulté de mémoire n’est pas la preuve d'un traumatisme et il faut plus qu’un symptôme ou une sensation pour en émettre l’hypothèse. Lorsqu'une personne s'interroge sur son histoire, seul l’accompagnement et l’expertise d’un professionnel permettent d'explorer le passé sans risque…

Les conséquences du psychotraumatisme

Cela dépasse largement le cadre des souvenirs puisqu’il peut avoir une incidence significative sur le regard que la personne porte sur elle, sur son environnement et sur ses relations.

Les principales manifestations sont :  

●      des difficultés à faire confiance,

●      une hypervigilance,

●      une tendance à l’isolement,

●      des problèmes de sommeil,

●      des difficultés de concentration…

La victime peut aussi ressentir de la culpabilité, de la honte et avoir une faible estime d’elle.

Combien de temps durent ces réactions ?

L’évolution est très variable d’une personne à l’autre.

Certaines retrouvent leur équilibre en quelques semaines, mais il arrive que des symptômes apparaissent avec un décalage dans le temps. La personne peut avoir l'impression d'avoir fait face avant de constater l'apparition ou l'aggravation de certaines difficultés.

Lorsque les manifestations deviennent persistantes et qu'elles perturbent le quotidien personnel, familial ou professionnel, il est judicieux de faire appel à un praticien en santé mentale.

Que faire en cas de psychotraumatisme ?

Se reconnaître dans une liste de symptômes ne suffit pas pour déterminer si l'on souffre réellement d'un psychotraumatisme ou d'un trouble de stress post-traumatique.

Plusieurs éléments sont à prendre en compte :

●      la nature des faits,

●      les réactions,

●      leur fréquence, durée et intensité,

●      l’impact sur la vie quotidienne,

●      l’évolution dans le temps.

L'objectif est de comprendre ce que la victime vit dans son ensemble.

Quand faut-il demander de l’aide ?

Un accompagnement s’impose lorsque les réactions s’installent, deviennent envahissantes ou empêchent de vivre à sa guise.

Par ailleurs, nul besoin d’attendre que la situation soit insupportable pour consulter, car cela permet de mieux comprendre les réactions et d'éviter de rester seul face à la souffrance.

Outre l’obtention d’un avis médical, il existe des thérapeutes spécialisés dans le suivi du traumatisme, notamment à l’aide de pratiques comme l’hypnose, la PNL, les TCC ou bien encore l’EMDR, souvent appelée thérapie par le mouvement des yeux.

Quel que soit le temps qui s’est écoulé depuis les faits traumatisants, il est possible de s’apaiser et de retrouver progressivement un mieux-être, et ce, même si les blessures remontent à l’enfance.

En cas de difficultés avérées ou même de doute, libérez-vous : consultez. 

 

Bien que le chemin soit différent pour chacun, le but est de ne pas rester seul avec une souffrance qui prend trop de place. Une prise en charge thérapeutique n’efface évidemment pas le passé, mais elle permet de dépasser ce qui a été vécu et surtout, de ne pas laisser les faits définir l’avenir. La finalité est de retrouver un sentiment de sécurité, de pouvoir reprendre des activités devenues difficiles et d’améliorer, par ricochet, ses relations aux autres.


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